Les lignes invisibles

Dans un futur proche, une famille de militants de gauche fuit à vélo des États-Unis hypersurveillés et de plus en plus despotiques pour immigrer clandestinement à Montréal, devenue ville sanctuaire. Tandis que Laek, Janie, Siri et Simon tentent de régulariser leur situation et d’apprendre à vivre en français dans leur terre d’asile, de lourds secrets familiaux émergent, qui viennent mettre en péril leur quiétude. Paru en 2014 sous le titre Cycling to Asylum et entièrement revu par Su J Sokol pour la présente édition, Les lignes invisibles offre une vision prophétique de la fragilisation de nos démocraties.

 

English Translation: In the near future, two left-wing activists and their young children flee by bicycle from a hyper-policed and increasingly despotic U.S. government to seek refugee status in Montréal, now a sanctuary city. As Laek, Janie, Siri, and Simon try to regularize their situation and learn French in their new home, heavy family secrets emerge that threaten their hopes for safety and peace. Published in 2014 under the title Cycling to Asylum and entirely reviewed by the author for the new French version, Les lignes invisibles offers a prophetic vision of the fragility of our democracies.

The novel was translated by Émilie Laramée and published by VLB Imaginaire, the new collection of VLB Éditeur directed by Geneviève Blouin and Mathieu Lauzon-Dicsö. The cover art was created by Axel Pérez de Léon.

COMMENT ACHETER/How to Purchase Les lignes invisibles

Si vous habitez au Québec, vous pouvez trouver Les lignes invisibles dans votre librairie locale! You can also order it from your favourite brick & mortar bookstore as well as online here and elsewhere.

NOUVELLES ET CRITIQUES/News and Reviews

  • Les lignes invisibles was reviewed in Le Devoir!! Vous pouvez le trouvez ici.
  • The employees of Indigo/Chapters/Coles – Français chose Les Lignes invisibles as their book of the month!!

« Dans un avenir rapproché, Montréal est devenue une ville sanctuaire qui accueille des personnes réfugiées. C’est le cas de Laek, Janie et leurs enfants qui ont fui la ville de New York, devenue trop violente et répressive. Sans statut et sous la menace d’une déportation, la famille fait face à de multiples défis pour s’adapter à son environnement.

Su J. Sokol brosse un portrait fascinant et optimiste d’un Québec possible, dans l’ombre d’une Amérique de plus en plus inquiétante. Iel donne une voix à chaque membre de la famille, nous offrant ainsi la chance de comprendre la façon dont ce voyage les a marqués individuellement. 

Un roman captivant, intelligent et humain. »

  • Le Journal de Montréal/Le Journal de Québec a publié un article sur Les lignes invisibles and also included an excerpt from the book.

« Campé dans un futur proche, Les lignes invisibles (VLB éditeur) de Su J. Sokol, qui paraîtra dans la collection « VLB Imaginaire », dépeint la fragilité de nos démocraties. Une famille américaine de militants gauchistes fuit à vélo son pays alors que la surveillance y est omniprésente, envahissante. Elle compte regagner Montréal, clandestinement, pour y trouver refuge. Cet exil ne sera pas un long fleuve tranquille pour les membres de la famille : entre l’apprentissage du français et leur intégration, des secrets familiaux referont surface et chambouleront leur vie. »

  • A great review/une belle critique in Page sur Page:

« Les lignes invisibles est un livre incroyable qui va m’accompagner un bout de temps. Il y a quelque chose de terriblement vrai dans cette trajectoire familiale, dans les tensions, peurs, joies et deuils que chacun et chacune vit. Je vous souhaite de vous laisser embarquer dans cette aventure à vélo entre démocratie et violences, entre utopie, amours et intolérances. »

Click here to read the full review.

  • L’Actualité chose Les lignes invisibles as one of the best books to read in September 2022:

« Dans ce roman choral dystopique, les quatre membres d’une famille américaine racontent leur exil et les défis que pose l’intégration à une société différente. Aux États-Unis, dans un proche avenir, la police contrôle violemment la population. Pour fuir ce climat toxique, la famille choisit d’émigrer clandestinement à Montréal, devenue un lieu d’asile politique international, une ville refuge. À vélo, le quatuor pédale vers le Québec, le cœur rempli d’espoir. La terre promise sera-t-elle à la hauteur des attentes ? »

  • TV Hebdo also featured the novel:

« Dans un futur proche, une famille de militants de gauche fuit à vélo les États-Unis hypersurveillés et de plus en plus despotiques pour immigrer clandestinement à Montréal, ville sanctuaire. Tandis qu’ils tentent de régulariser leur situation et d’apprendre à vivre en français, de lourds secrets familiaux émergent et viennent mettre en péril leur quiétude. »

 

Extrait/Excerpt

Livre un : Pedaler

« Chaque fois que je vois un adulte sur une bicyclette, je ne le désespère plus de l’espèce humaine. »

(Attribué à H. G. Wells)

Je compte les drapeaux américains. Onze de taille nor- male, cinq minis, trois accrochés de côté, à la fasciste. Un énorme, suspendu à un robuste mât en métal devant la banque. Et deux de chaque côté de la voiture de police devant moi. J’arrête de compter, change rapidement de voie. Pédale, Laek. Fais juste pédaler.

Je continue vers le nord sur Fourth Avenue. Je n’ai pas besoin de vérifier mon écran ou de projeter une holocarte. Je sais où je suis. Je sais l’heure qu’il est. Mon corps ressent ces choses-là. Je sais donc aussi que je ne me dirige pas plein nord, mais plutôt vers le nord-est. On dit nord à cause de la façon dont les rues s’organisent dans ce coin de Brooklyn.

Mon vélo avance rapidement, fendant la chaleur. Mon dos et mes aisselles ruissellent de sueur. La chaleur et la sueur ne me dérangent pas ; après tout, il ne fait que 33 degrés. Pas si mal pour six heures cinquante-huit, un matin de fin mars. Un poids lourd me double dans un bruit de ferraille. Je sens un courant d’air chaud quand il passe à quelques centimètres seulement de mon coude gauche. Je ne lui cède pas. Une voiture arrive derrière moi, klaxonne. Pense-t-elle que je ne sais pas qu’elle est là ? Que je ne sens pas sa chaleur sur mon cou nu? Mon regard passe de la circulation à ma gauche aux voitures stationnées en double file à ma droite, à l’affût de portes qui s’ouvriraient. Je n’ai été victime d’emportiérage qu’une seule fois, mais la légère asymétrie de mon guidon me le rappelle constamment.

L’âcre puanteur des poubelles se mêle à l’arôme déli- cieux de muffins frais. Les propriétaires des restos et des bodégas du coin éteignent leurs alarmes, déverrouillent leurs grillages, réinitialisent leurs holomenus. Les per- sonnes sans abri qui dormaient encore sont chassées. Certaines, par des cris ou à coups de pied. D’autres, à coups de matraque électrifiée Phaser. Une matraque s’élève. Je ralentis, les sens en alerte, prêt à intervenir. Elle redescend. Je poursuis ma route.

J’emplis mes poumons de l’air matinal. Lève les bras au ciel. Les roues de mon vélo vibrent sur l’asphalte chaud et, comme au diapason, j’émets la même note assurée, constante. Je porte le regard au loin, vers l’ouest, vers le morceau de ciel toujours visible au-delà du paysage urbain. Ses contours sont tachés de brun verdâtre, mais il est tout de même beau, et il me remplit de cet espoir que je ressens chaque fois que je regarde le ciel le matin. Comme si la ville recommençait à neuf. Comme s’il pouvait se passer quelque chose de bien ….

Les lignes invisibles de Su J. Sokol, traduit par Emilie Laramée